Armoiries de la famille Arnauld de la Perrière (18e siècle)

D'azur, au chevron, accosté en chef de deux palmes adossées et accosté en pointe d'un mont isolé de six coupeaux, le tout d'or.

 

1- Ses origines et le début de sa carrière :

    En 1757, à la suite d'un duel avec un Prince de Bourbon, Jean-Gabriel Arnauld, Seigneur de la Perrière, jeune Lieutenant d'Artillerie, né 26 ans plus tôt à Saint Plantaire (Indre), était contraint de quitter la France pour échapper à l'embastillement. Les raisons du choix de son pays d'accueil ne sont pas évidentes mais toujours est-il que c'est au service de Frédéric II, Roi de Prusse qu'il allait porter son épée. On rencontre fréquemment en particulier sur internet une information selon laquelle la famille Arnauld aurait quitté la France suite à la Révocation de l'Edit de Nantes (1685). Cette information est tout à fait erronée d'autant plus que cette famille était catholique.

    En l'espace de quelques années, le jeune homme se faisait une fameuse réputation dans les rangs de l'armée prussienne, gravissant peu à peu les échelons du corps des officiers pour atteindre le rang de Generalleutnant en fin de carrière. Il est souvent admis que Jean Gabriel aurait été annobli par Frederic II mais il est vraisemblable que ceci est inexact et que son accession à la noblesse prussienne serait plutôt liée à l'antériorité noble de la famille en France (Das Gothaische genealogische Taschenbuch der adeligen Häuser)

    Jean-Gabriel fondait famille une première fois en 1778. De cette union naissaient 5 enfants. Au décès de son épouse en 1783, il contractait une nouvelle union et avait de nouveau 5 enfants de ce lit. Cette épouse décédant à son tour en 1796, il épousait alors Luise Hieronimus dont il avait 4 enfants. Le second né en 1800, (12e dans l'ordre des naissances), prénommé Eugen, Ahasverus, Albertus allait devenir le grand-père de Lothar.

   Eugen épousait en premières noces une femme qui lui donnait 4 enfants, puis, en secondes noces, il épousait Olga Spalding dont il eut 6 enfants. Le premier des enfants de cette union, 5e dans l'ordre des naissances, naissait en 1856  et recevait les prénoms de Eugen, Emil, Alexander, Valentin. Il allait devenir le père de Lothar.

   Eugen, Emil né le 28.4.1856 épousait Bertha Müller avec laquelle il allait avoir 4 enfants. Günther, l'ainé ne devait pas atteindre l'âge de 6 mois et décédait en mai 1885.

    Le second, né le 18 Mars 1886 recevait pour prénoms Lothar, Eugen, Georg et allait devenir l'Amiral von Arnauld. Deux autres frères venaient rejoindre Lothar. Friedrich qui naissait 2 ans plus tard allait devenir Generalleutnant de la Luftwaffe et vivre jusqu'en 1969 ; le benjamin, Helmut venait au monde en 1891. Militaire lui aussi, avec le grade de Lieutenant de Grenadiers, il n'avait pas encore 23 ans quand il était tué au combat de Virton le 22 Août 1914.

    C'est ainsi que l'aieul français, annobli en Prusse pour devenir von Arnauld de la Perrière, donnait naissance à une longue lignée de militaires prussiens dont l'Amiral von Arnauld, second et dernier officier de marine dans la famille, allait devenir le plus célèbre d'entre eux.  Voir l'arbre généalogique

     Né à Posen (Prusse, aujourd'hui Poznan en Pologne), il est le fils du Conseiller à la Cour des Comptes du Land de Prusse. Baptisé le 26 avril suivant en l'église de garnison, il fait ses études dans les écoles du corps des Cadets de Wahlstatt puis de Gross‑Lichterfelde (près de Berlin) avant de rejoindre le corps des Cadets de la Marine Impériale au début d'avril 1903. De cette adolescence le jeune homme gardera un sens élevé de l'honneur ainsi qu'une très bonne connaissance de la langue française que la famille perpétue en souvenir de ses origines. Cette connaissance lui servira bien par la suite comme nous le verrons.

 

 Lothar vers avril 1904 alors qu'il vient d'être promu Seekadet et entre à l'Ecole Navale. Il vient d'effectuer un voyage d'initiation vers les Antilles à bord du voilier-école Stein.

   Sorti de l'Ecole Navale à l'été 1906 au terme d'une spécialisation d'officier torpilleur, le jeune Leutnant zur See est affecté en septembre à l'Etat-Major du cuirassé Kurfürst Friedrich Wilhelm. C'est au cours de cet hiver 1906 que Lothar reçoit sa première décoration, la Kronenorder de 4e classe pour avoir au péril de sa vie, plongé pour sauver un homme passé par-dessus bord.

   Le printemps suivant le trouve en poste une nouvelle fois à bord du voilier Stein où il se forme au commandement au cours de croisières en Méditerranée jusqu'à l'été 1908 époque à laquelle il est envoyé participer aux essais des cuirassés Schlesien et Schleswig-Holstein avant d'être affecté comme Officier de Quart (WO) sur le torpilleur V155. Un an plus tard alors qu'il vient d'être promu Oberleutnant zur See (EV1 dans notre Marine), il reçoit à 24 ans son premier commandement, le torpilleur V160 puis celui du D8, un navire d'assistance des pêches dans la Mer du Nord.

   Il passe l'hiver 1910-1911 à terre à la II Torpedodivision de Wilhelmshaven puis embarque le 1.6.1911 à bord du croiseur léger Emden, stationaire en Extrème Orient en qualité d'officier torpilleur. Ce croiseur s'illustrera dans les premiers mois de la guerre. Il effectue deux ans dans cette affectation et rentre en Allemagne où il est nommé sur le cuirassé Scharnhorst comme WO et TO jusqu'en novembre 1913. Il rejoint alors le Département d'Inspection de la Marine en tant qu'officier d'ordonnance à l'Etat-Major de l'Amiral von Pohl, poste qu'il occupera un an. A cette occasion, il effectue un séjour de perfectionnement linguistique en Grande Bretagne et rentre en Allemagne quelques jours avant la déclaration de guerre.

A gauche, à bord de l'Emden  1913

A droite, à Berlin probablement en février 1915, derrière les Amiraux von Tirpitz et Bachmann

 

de la Perière ou de la Perrière

   A la vérité, je n'ai pas de réponse claire et définitive sur ce point. A l'origine, la famille écrivait Perrière avec deux "r" ; Lothar pour autant n'est connu dans les archives de la Marine qu'avec un seul "r" tandis qu'aujourd'hui la famille a repris l'orthographe originale du nom de l'ancêtre français avec deux "r". J'en suis encore à chercher qui, quand et pourquoi a modifié l'orthographe du nom original si toutefois une réponse existe. Je conserverai donc l'orthographe telle qu'elle est usitée dans tous les documents officiels le concernant, c'est-à-dire avec un seul "r". Il est à noter cependant que son frère Helmut (voir son histoire) porte le nom avec deux "r" sur la pierre tombale de sa sépulture de Virton.