Sous-marin océanique type Mittel U, sous-type U81

Construit au Germaniawerft de Kiel

Lancé le 22 Juillet 1916

Entré en service le 7 Octobre 1916

 

   Lorsqu'au printemps 2014, j’étais contacté par Jean Louis Maurette de l’Expédition Scyllias dont l’équipe avait retrouvé l’épave d’un sous-marin à quelques milles au large de Penmarch et sollicité pour contribuer à l’identification de l’épave, c’est avec le plus vif intérêt que je me lançais dans la recherche.
Tout d’abord, la description générale du sous-marin, taille et armement ainsi que le lieu apportaient déjà un premier début de certitude : il s’agissait d’un U-Boot datant de la 1e guerre mondiale. Mais ceci posé, il allait en falloir beaucoup plus pour lui donner un nom et en particulier rechercher des détails sur la coque, le kiosque, les hélices si elles étaient accessibles etc… Bref il fallait beaucoup d’autres indices.
   Or, les difficultés étaient grandes. D’abord la profondeur, aux alentours de 80 mètres. Le courant au fond non négligeable, limitant de fait les plages horaires de plongée et surtout la turbidité de l’eau réduisant parfois la visibilité à deux mètres voire moins. L’identification sauf gros coup de chance allait donc s’avérer délicate.
Les deux premières plongées permettaient néanmoins de préciser un peu plus le type de sous-marin. D’abord sa longueur estimée à 60-70 mètres, la présence de deux canons, un 105mm sur la plage avant et sur la plage arrière un plus petit calibre identifié à l’image comme étant un 88mm modèle Krupp 1915. Nous étions donc en présence d’un grand sous-marin océanique de type U. Et justement, dans l’histoire de la guerre dans ce secteur, il y avait un certain nombre d’inconnues liées au mois de janvier 1918. Pas moins de 5 U-Boote ayant opéré dans ce secteur ou ayant appareillé à destination de ce secteur durant ce mois n’étaient jamais rentrés de patrouille. Il s’agissait de U 84, 93, 95, 109 et UC 50. Pour ces cinq unités il n’y avait aucune certitude absolue du lieu exact et de la date de leur perte. Bien évidemment, ces bateaux ayant disparu totalement il n’y avait plus aucun journal de bord pour nous guider. Dans cette même période, une dizaine de navires alliés avaient également été torpillés dans la zone où ces sous-marins étaient censés opérer et là aussi mes collègues historiens et moi-même qui avions longuement enquêté sur cet épisode n’avions pratiquement aucune certitude quant à l’identité des U-Boote incriminés dans ces torpillages à une exception près.
   Cette exception mérite d’être relatée car elle montre comment près d’un siècle plus tard on peut encore résoudre une énigme en mettant face à face archives alliées et allemandes. Il s’agit du trois-mâts Babin-Chevaye qui avait été contraint à s’arrêter par un U-Boot qui l’avait ensuite coulé. Le Commandant Bourge du Babin Chevaye avait été interrogé par l’équipage allemand (fort courtoisement d’ailleurs) et lors de l’enquête ultérieure suite à la destruction de son navire, il avait donné une description précise des Officiers allemands, ayant même relevé au passage le prénom de l’ingénieur mécanicien. Muni de ces détails, j’avais alors recherché la liste des Officiers de chacun de ces sous-marins puis, dans le très connu Ehrenrangliste der Kaiserliche Deutschen Marine 1914-1918, en quelque sorte le who’s who de la Marine Impériale. Et là, bingo ! La description des Allemands faite par le Commandant Bourge en 1918 collait parfaitement avec les Officiers de l’U 93 ! Pour le coup on avait enfin une certitude mais pour les autres navires coulés, on ne peut que se contenter de supputations, lesquelles même étayées ne sont pas des certitudes. Voila donc dans quelle bouteille à encre nous sommes depuis 2007. Refermons cette parenthèse pour revenir à notre épave.
   Un autre U-Boot appartenant à ce groupe de 5 avait été découvert en 2005 puis exploré au large de Hardelot (P.de C) et identifié comme étant soit U 93, soit U 95. A ce jour il manque toujours une preuve irréfutable pour le dire. L’U 84 pour sa part était supposé avoir été coulé par un patrouilleur dans le Canal St George. Quant à l’U 109, il pourrait être soit dans le Pas de Calais, soit au large du Cap Lizard dans la Manche où une épave de ce type a été retrouvée à moins bien sûr qu’il s’agisse aussi de l’U 93 ou de l’U 95. Des investigations sont toujours en cours par différents groupes de plongeurs. En dernier, je citerai l’UC 50 dont on n’a aucune certitude sur la zone de sa disparition, peut-être lui aussi le Pas de Calais mais bon, ceci reste secondaire puisque l’épave de Penmarch ne correspondait pas à un type UC.
   En fonction des disponibilités des plongeurs ou du matériel, des fenêtres météo et des divers aléas qui viennent souvent contrarier les projets, entre 2014 et ce été, bien peu de plongées avaient pu être réalisées et on arrivait à ce dernier mois d’août avec toujours peu de certitudes. U 93 ? U 95 ? U 84 ? C’était quand même plutôt autour de ces trois là que l’on supposait trouver le notre. Les deux canons étant communs à ces trois U-Boote, il fallait d’autres détails à rechercher sur les plans allemands. L’U 84 contrairement aux deux autres n’avait que 2 tubes lance-torpilles à l’avant. Pas de chance, l’avant de l’épave était pas mal ensablé et ne pouvait fournir aucune certitude. Les TLT arrière étaient au nombre de deux sur chacun des sous-marins et il y en avait bien deux sur l’épave. Malheureusement les hélices dont les pales gravées au chantier portent un certain nombre de données techniques et bien souvent l’identité même du sous-marin, étaient elles aussi envasées et inaccessibles. Il restait encore une mensuration capable de faire la différence, c’était la distance entre la base du kiosque et la base du canon avant. L’U 84 était là aussi différent des deux autres. Outre un seul panneau d’accès à l’intérieur du sous-marin au lieu de deux sur U 93 et 95, la longueur kiosque-canon était plus petite d’au-moins deux mètres sur U 84. La dernière plongée début septembre apportait enfin la réponse. Distance mesurée kiosque canon 10 mètres (9m90 sur le plan), il n’y avait bien qu’un seul panneau de pont et comme sur le plan, l’un des périscopes était déporté sur l’avant du kiosque. Plus de doute, cette fois nous tenions l’U 84 ! Mais en l’absence de dommages visibles sur la coque il est à ce jour impossible de déterminer la raison du naufrage. Une torpille ? Cela se saurait et se verrait. Reste une mine qui aurait détoné sous la coque et dont les dégâts seraient aujourd’hui enfouis dans les sédiments avec toute la partie inférieure de l’épave mais on ne peut pour autant pas écarter l’hypothèse d’un accident de plongée
   Aujourd’hui, il reste encore à découvrir l’U 109 et à lever le doute entre U 93 et U 95 en retrouvant et en identifiant leurs épaves respectives. En la circonstance, le facteur chance tiendra pour une grande part dans la réussite.
   Quoi qu’il en soit, nous savons désormais où le Kapitänleutnant Walter Roehr et les 39 hommes de son équipage reposent depuis le mois de Janvier 1918. La diffusion de cette découverte auprès de nos amis allemands permettra peut-être à quelques familles de savoir où a péri l’un de leur lointain parent qui servait à bord de ce sous-marin. Une plaque gravée des noms de tout l’équipage sera confectionnée et fixée sur l’épave dans les mois à venir.

 

             Caractéristiques principales du type U 81 

Déplacement (surf./plong.)    808 / 946 t.

Longueur : 70m06

Largeur :  6m30

Creux : 4m02

Armement   1 x 105mm, 1 x 88mm

4 TLT (2 / 2) de 500 mm - 12 torpilles

Propulsion

2 diesel/electrique    2400 / 1200 CV

Autonomie

Surface  11200 nm à 8 nœuds

Plongée  56 nm à 5 nœuds

Vitesse max.  /  nœuds  16.8 / 9.1

Equipage  4 Off. 31 hommes

 

 

Carrière du sous-marin U-84

Unité d'appartenance :

IV U-Flottille de la Flotte de Haute Mer, Emden 

7 patrouilles de guerre. 31 navires coulés pour 89700 tonnes, 7 navires endommagés pour 42000 tonnes

Commandant

Du

A

Kplt Walter ROEHR

7.10.1916

1.1918

 

     Sa carrière dans la Marine Impériale

 

Né le 6 décembre 1887

4.1904

Entrée dans la Marine Impériale

1914

Croiseur SMS Berlin, Officier Navigation

8.1915

Ecole de Navigation sous-marine et cours de Commandant

17.10.1915

Kapitänleutnant

2.1916

Cuirassé SMS Würtemberg, Officier Instructeur

7.10.1916

Commandant U 84

1.1918

Perdu avec tout son équipage, au large de Penmarch

 

31 navires coulés pour un total de 89700 tonnes

 

Officiers

Du

A

Oblt z.S. Ernst KEYSERS - 1WO 7.10.1916

1.1918

Lt z.S. d.R. Paul HÜNLICH - 2WO 7.10.1916

1.1918

Mar.Ob.Ing. Hubert KEISER - L.I. 7.10.1916

1.1918

 

Patrouilles de guerre

 Patrouille 1 du 1 au 25 janvier 1917

Emden – SW Irlande et entrée Manche – Emden

Dans la journée de ce 1er Janvier, l’U 84 appareille d’Emden pour sa première patrouille de guerre. Après avoir contourné l’Angleterre par le nord, il parvient le 9 à la pointe sud de l’Irlande où il tire un coup de semonce sur un vapeur qui ne s’arrête pas et utilise sa radio pour lancer un appel au secours. Le sous-marin ouvre alors le feu sur le vapeur qui au premier coup au but stoppe et évacue son équipage. C’est l’anglais Alexandrian (4467 t.). Une torpille est tirée en coup de grâce mais elle ne suffit pas à le faire couler et l’approche d’un destroyer oblige Roehr à abandonner. Le vapeur sera remorqué et échoué.  Entre le 9 et le 20, il patrouille dans l’entrée S de la Mer d’Irlande et l’ouvert de la Manche. Le 10, il coule en le sabordant le norvégien Bergenhus (3606 t.). Deux jours plus tard, au large d’Ouessant, il arrête l’anglais Auchencrag (3916 t.) et le torpille après évacuation de son équipage de 31 hommes. La mer étant mauvaise, ces hommes n’ont guère de chances de survivre et Roehr les prend à son bord jusqu’au lendemain quand il stoppe le norvégien Morild I dont il fait jeter la cargaison à la mer pour la remplacer par les naufragés de l’Auchencrag. Le 15, le vapeur danois Omsk (1574 t.) et le trois-mâts anglais Kinpurney (1944 t.) sont coulés. Le 20 c’est l’anglais Bulgarian (2515 t.), un vapeur armé qui est torpillé en plongée puis le Neuquen (3583 t.), un autre anglais qui est sabordé. A la suite de quoi U 84 met le cap sur sa base où il entre le 25.

ALEXANDRIAN

GBR

4467

9

1

1917

Damaged off W Coast of Ireland - Stranded in sinking cond.

BERGENHUS

NOR

3606

10

1

1917

S- 165 miles SSW of the Fastnet 49.30N-09.38W or 4855N, 1005W

AUCHENCRAG

GBR

3916

12

1

1917

T- 20m W Ushant 4828N 0535W

OMSK

DAN

1574

15

1

1917

90m from Bishop Rock 4912N, 0839W

KINPURNEY (3m s/v)

GBR

1944

15

1

1917

110 miles W of Bishop Rock  4920N, 0910W

BULGARIAN

GBR

2515

20

1

1917

T-SW Ireland, approx. 50 miles west of the Fastnet

NEUQUEN

GBR

3583

20

1

1917

S-20m NWbW the Skelligs 5150N 1052W

Patrouille 2 du 15 au 28 Février 1917

Secteur d’opérations SW des îles Scilly. Aller via le Pas de Calais, retour via le N de la Grande Bretagne.

Appareillage d’Heligoland vers le Pas de Calais qui est passé sans encombres dans la nuit du 16. Le lendemain, à 25 milles au large de Start Point, le 3-mâts français Bayonne (2589 t.) est arraisonné et sabordé puis à la nuit tombée c’est le vapeur anglais Romsdalen (2548 t.) qui est victime d’une torpille lancée en plongée. Le lendemain au cours d’une journée particulièrement fructueuse au large de Portland Bill, U 84 torpille l’anglais Valdes (2233 t.) puis endommage le vapeur armé Huntsworth qui parviendra à regagner le port. Plus tard dans la journée, il intercepte le norvégien Juno (2460 t.) chargé de voitures et de machines-outil et le saborde. Pour finir, dans la soirée, il atteint d’une torpille le vapeur anglais (11137 t.) mais il reste à flot et sera remorqué vers un port. Les jours suivants, le sous-marin fait mouvement vers le secteur sud Irlande où le 21, il stoppe le norvégien Dukat (1408 t.) et le coule au canon. Le lendemain matin dans le même secteur, il attaque et saborde le 3-mâts barque anglais Invercauld (1416 t.). En début d’après-midi, dans le sud du feu de Mine Head, apparaît un vapeur en route vers l’ouest. U 84 attaque en plongée et lance une torpille qui manque. Le vapeur vire alors et fait route en direction du sous-marin qui fait surface et engage le vapeur au canon. Il s’arrête et l’équipage évacue dans deux embarcations. Prudent, Roehr reprend la plongée et se rapproche du vapeur qu’il examine dans son périscope. Il n’est pas armé et les embarcations sont éloignées d’environ 1000 m.  Roehr fait surface et met le cap sur les embarcations. Il est alors 14h49 quand le vapeur ouvre le feu à partir de 4 pièces d’artillerie. Un bateau-piège !

Plongée ! L’U 84 est alors touché à 5 reprises au niveau du kiosque, un obus explosant même à l’intérieur et blessant légèrement le Lieutenant Keysers et endommageant les appareils. Le kiosque est évacué, panneaux et porte-voix sont fermés. Parvenu à la profondeur de 20 m. deux grenades sous-marines explosent et provoquent de nombreux dégâts notamment sur les barres de plongée. Le sous-marin se cabre brutalement et son avant crève la surface. Difficilement l’équipage en reprend le contrôle et cette fois il s’enfonce à 40 m. Le bateau est devenu ingouvernable en plongée. 15h10. On chasse en grand aux ballasts pour revenir en surface pendant qu’une partie de l’équipage se prépare à armer l’artillerie. L’adversaire apparaît alors à une distance d’environ 2500 m et ouvre le feu auquel répond le sous-marin. Plusieurs coups atteignent l’U 84 et blessent une nouvelle fois le Second. Diesels en avant toute, le sous-marin met rapidement de la distance entre lui et le bateau-piège jusqu’à ce qu’il soit hors de vue. L’équipage peut enfin se mettre à l’œuvre pour réparer son bateau. Après quelques heures de travail on est parvenu à remettre l’essentiel en fonctionnement mais avec tous ces trous dans la coque qu’on a obturés au mieux il serait préférable d’éviter d’avoir à plonger ! Finalement, avec mille précautions, l’U 84 regagne Emden six jours plus tard en contournant les îles Orcades. Le bateau piège qui a bien failli lui régler son compte était HMS Penshurst, l’un des plus redoutables Q-Ships de la Navy. 

BAYONNE (s/v) FRA 2589 17 2 1917 S- 25m off Start Point
ROMSDALEN GBR 2548 17 2 1917 10m SW Portland Bill 5022N 0235W
BERRIMA GBR 11137 18 2 1917 Between Start Pt and Lizard 5022N, 0244W - Damaged by torp.
HUNSWORTH GBR 2991 18 2 1917 6.5m S Portland Bill - damaged only
JUNO NOR 2416 18 2 1917 G- 8-15m SSW of Start Point 4959N 0341W
VALDES GBR 2233 18 2 1917 7m S Portland Bill
DUKAT NOR 1408 21 2 1917 G- 7m SSE Ballycotton, S coast Ireland
INVERCAULD (s/v) GBR 1416 22 2 1917 S Ireland

Patrouille 3 du 5 au 27 Avril 1917

Secteur d’opérations SW des îles Scilly. Aller et retour via le N de la Grande Bretagne.

Le 13 Avril à environ 100 milles W Scilly, le vapeur armé anglais Argyll (3547 t.) est torpillé en plongée puis c’est le tour de Lime Branch, un autre anglais. Comme il ne semble pas couler, Roehr lance une seconde torpille qui manque son but. Le vapeur finira par atteindre un port. Le 18, il coule les anglais Rowena (3017 t.) et Cragoswald (3235 t.) avec deux torpilles tirées en plongée. Le lendemain soir, il lance une torpille sur un vapeur isolé mais manque le but. U 84 fait alors surface attaque au canon et achève d’une torpille en coup de grâce l’anglais Elswick Manor (3943 t.). Le 20, il engage au canon le gros vapeur anglais Malakand (7653 t.) qui répond au feu une demi-heure durant. Finalement il se rend et il est achevé d’une torpille lancée en surface. Après ce dernier engagement, suite à une fuite de carburant, il prend le chemin du retour et entre à Heligoland. 

ARGYLL

GBR

3547

13

4

1917

110m W Bishop Rock 4923N 0907W

LIME BRANCH

GBR

5379

13

4

1917

T-110m W Bishop Rock 4827N, 0830W - Damaged

CRAGOSWALD

GBR

3235

18

4

1917

60m WbS Bishop Rock

ROWENA

GBR

3017

18

4

1917

95m WbS1/2S Bishop Rock 4903N 0825W

ELSWICK MANOR

GBR

3943

19

4

1917

180m W Ushant 4736N 0932W

MALAKAND

GBR

7653

20

4

1917

145m W1/2W Bishop 4920N 1000W

 Patrouille 4 du 18 juin au 15 juillet 1917

Secteur d’opérations au large de la côte NW de France. Aller et retour en contournant les îles Shetland.

Le 1er juillet dans sa zone d’opération, U 84 rencontre un convoi côtier en ligne de file un peu désordonnée et engage deux attaques successives en plongée. Au cours de la première, il touche l’anglais Demerara (11484 t.) qui ne coule pas et parvient à s’échouer. Dans la seconde, il atteint d’une torpille l’espagnol Bachi (2184 t.) qui coule. Le 4, il rencontre le vapeur armé anglais Goathland (3044 t.) qui fait route isolément. La rencontre est fatale pour le vapeur. Le 6, le sous-marin prend la route du retour et le lendemain, dans l’ouest des Scilly, il capture le voilier norvégien Oxö (831 t.) qui est coulé d’une torpille lancée en coup de grâce. Au soir de ce même jour, il attaque d’une torpille lancée en plongée le vapeur anglais Condesa (8557 t.) escorté par un destroyer. La torpille fait but mais l’U 84 doit subir la contre attaque du destroyer qui largue trois grenades sous-marines. Le 15 juuillet le sous-marin entre à Emden.

BACHI SPA 2184 1 7 1917 T- 5m W of Sables d'Olonne
DEMERARA GBR 11484 1 7 1917 6m W of Sables d'Olonne - damaged only
GOATHLAND GBR 3044 4 7 1917 T- 10m S Belle Ile 4711N 0308W
CONDESA GBR 8557 7 7 1917 105m W Bishop Rock 4923N 0900W
OXÖ (s/v) NOR 831 7 7 1917 90m WxS of Scilly Is. 4923N, 0817W

Patrouille 5 du 4 août au 1 septembre 1917

Secteur ouest Irlande et North Channel. Allez et retour en contournant les îles Shetland.

Appareillé le 4 août de Borkum, il rencontre le 8 à l’extrémité N des Hébrides l’U 44 qui rentre de patrouille. Les deux commandants échangent quelques nouvelles et se séparent. L’équipage de l’U 84 sera le dernier à croiser la route de ce sous-marin qui disparaîtra le 12. Ce jour là, il capture le 3-mâts barque norvégien Ursus Minor (623 t.)  à 200 milles dans le NW de l’Irlande et le coule au canon. Le lendemain, apparaît un vapeur inconnu non armé. Roehr méfiant après sa mésaventure du mois de février l’attaque en plongée et lance une torpille. Elle fait but et coule le bateau-piège HMS Bergamot (1290 t.) avec 14 hommes. U 84 rentre à Emden le 1er septembre sans avoir eu de nouvelles occasions d’attaque tant l’activité maritime a été faible dans cette zone.

URSUS MINOR (bark) NOR 623 12 8 1917 abt 200m W of N end of Ireland
BERGAMOT (HMS) GBR 1290 13 8 1917 T- abt 70m W of N Ireland 5513N, 1017W

Patrouille 6 du 12 novembre au 7 décembre 1917

Secteur d’opérations au large de la côte NW de France. Aller en contournant les îles Shetland, retour par le Pas de Calais

Ce n’est qu’après onze jours de mer qu’une possibilité d’attaque se présente enfin avec un gros convoi descendant sur trois lignes de file. Roehr garde le contact jusqu’au 24 à midi sans pouvoir enregistrer un seul succès au cours de quatre attaques. Ce même jour, poursuivant sa route le long de la côte française, il attaque en plongée l’américain Actaeon (4999 t.) et le coule d’une torpille. Le 1er décembre au clair de lune, U 84 torpille le vapeur grec Antonios Strathatos (2743 t.) dans un convoi côtier au large de l’estuaire de la Loire. Le lendemain 2 décmbre, au large de Groix, dans un convoi d’environ 20 navires cap à l’est il torpille et coule l’anglais Birchgrove (2821 t.) puis prend le chemin du retour. Il rentre le 7 à Emden.

ACTAEON USA 4999 24 11 1917 T-150m NNW Cape Finisterre 4518N 1030W
ANTONIOS STATHATOS GRE 2743 1 12 1917 T- W of Ile du Pilier
BIRCHGROVE GBR 2821 2 12 1917 T- 10m. W by N ½ N  Groix 4738N 0345W

Patrouille 7 du 27 Décembre 1917 au ? Janvier 1918

Tout comme en 1917 pour sa première patrouille, c’est également en mer pour le 1er Janvier que l’U 84 entame sa septième patrouille, celle dont il ne reviendra pas. Son secteur d’opération est la zone comprise entre Penmarch et l’ile de Ré. Le 6 janvier il adresse un message radio à sa flottille pour signaler qu’il a franchi le Pas de Calais et qu’il est à présent à l’entrée ouest de la Manche. C’est le dernier message authentifié qu’il transmettra. Les services d’écoute anglais capteront deux signaux le 8 et le 9 qu’ils attribuent à l’U 84 mais cette identification reste très douteuse. Après le 6 janvier, on en est donc réduit à faire des suppositions pour attribuer les succès obtenus à la pointe de Bretagne car dans ce secteur il y a potentiellement à la mer 3 autres U-Boote dont aucun ne rentrera de mission (U 93, U 95 et UC 50).

Après nombre de recoupements on arrive à reconstituer avec quelques possibilités d’erreur malgré tout ce qu’il a pu advenir de l’U 84. Le 9, au S des Glénans, il torpille l’anglais Bayvoe (2979t.). Le lendemain au NW de Belle Ile, il endommage l’anglais Cardiff qui parvient à s’échouer. Dans la nuit du 10 au 11 janvier, c’est probablement lui qui attaque et coule l’anglais Mereddio (3069 t.) qui vient de quitter Quiberon en convoi  montant. Le 12, U 84 étant toujours actif dans le même secteur du SW de Penmarch il est tout désigné pour se voir attribuer le français Château Laffite (1913 t.). Ensuite, il ne se passe plus rien jusqu’au 17 date à laquelle l’anglais Messidor naviguant en convoi est endommagé par une torpille à 2 milles au large de Penmarch. L’histoire aurait pu s’arrêter là sauf que près d’un siècle plus tard on vient de découvrir à peu de distance du lieu où le Messidor a été torpillé, l’épave de l’U 84 ! Se pourrait-il que le sous-marin ait rencontré son destin au cours de la contre attaque qui a suivi le torpillage ? On n’en a aucune certitude mais cela reste tout à fait plausible.

BAYVOE

GBR

2979

9

1

1918

T- 10m S Iles des Glenans

CARDIFF

GBR

2808

10

1

1918

T-NW of Belle Ile- Hit by a torpedo and stranded

MEREDDIO

GBR

3069

11

1

1918

T- 10/11Jan wreck found at 47°52'495 N - 04°27'452W Bay of Audierne

CHÂTEAU LAFFITE

FRA

1913

12

1

1918

T- SW Penmarch N47°45.028'  W 004°39.871'

MESSIDOR

GBR

3883

17

1

1918

T-2m off Penmarch  4745N 0424W- damaged only

          

Quelques photos

   

Canon de 88mm Kiosque, pointe avant et périscope
   
TLT arrière droit Panneau de chargement torpilles

 

L'Equipage de la dernière patrouille