La mort d'un corsaire

 

 

Octobre 1942
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HSK Komet avec son hydravion embarqué (1941). Les pièces d'artillerie sont masquées sur les ponts ou dans le rouf arrière pour faire croire à un inoffensif navire marchand.

Croiseur auxilliaire  de la Kriegsmarine (ex cargo à moteur EMS de la  Norddeutscher Lloyd )

 

CARACTERISTIQUES du NAVIRE

 

 Chantier de construction : Deschimag AG Weser

Année de mise en service : 1937

Conversion en crois.aux. hiver 39/40

Mise en service dans la Kriegsmarine 2.6.1940

Tonnage : 3287 grt

Vitesse 14 nds

 

Longueur :  115 m

Largeur :  15 m 30

Creux :  6 m 50

Autonomie 5100 nm à 9 nds

Armement : 6x150mm 1x60 mm 2x37mm 4x20mm - 6 TLT 530mm - 1 Hydravion Arado196

 

 

CARRIERE DU NAVIRE SOUS LE PAVILLON DE LA KRIEGSMARINE

Plan d'armement du navire

Première patrouille autour du monde (7.1940 à 11.1941)

   Le 3 Juillet 1940, inaperçu au milieu d'évènements de bien plus grande importance (Operation Catapult, Mers el Kebir etc...) un étrange navire allemand quittait le port de Gotenhafen, Poméranie, Gdynia de nos jours. A première vue il pouvait apparaître comme un cargo mixte ordinaire mais un oeil expérimenté pouvait y deviner un certain nombre d'installations qui laissaient à penser que le navire n'était pas aussi anodin qu'il y paraissait. En fait il s'agissait de l'ancien Ems transformé en raider pour exercer une nouvelle guerre de course. Ayant contourné la Scandinavie, il traversait la mer de Barents alors libre de glaces, passait l'archipel de la Nouvelle Zemble puis faisait route sur la mer de Kara avec l'assistance d'un brise glace et de pilotes soviétiques, l'URSS étant alors l'alliée des Nazis. Placé sous le commandement du Kapitän zur See Robert Eyssen, il emportait un équipage de 270 hommes et quantité de matériel adapté à tous les climats afin de s'assurer une totale autonomie durant une année.

   Il atteignait bientôt la Sibérie dans des conditions météorologiques très dures compliquées par de difficiles relations avec l'allié soviétique et finalement franchissait le détroit de Bering le 6 septembre. De là, il faisait route sur le Japon pour se ravitailler en carburant et nourriture et au mois de Novembre, il mettait résolument cap au sud pour entamer sa guerre de course. Au cours des mois suivants, il écumait les abords de la Nouvelle Zélande et la côte sud de l'Australie, coulant fin novembre le vapeur anglais Rangitane, plus gros navire jamais coulé par un corsaire. Rejoint par l'Orion, les deux raiders détruisaient ensuite quelques caboteurs. Mais Eyssen avait une autre idée : s'attaquer aux mines de phosphate de Nauru, principale source d'approvisionement anglais dans cette région. Le 27 Décembre, après avoir tenu éloignés les populations locales, il ouvrait le feu sur tout ce qui pouvait appartenir aux Anglais, provoquant de tels dégâts que l'exploitation de la mine n'allait reprendre que bien après la guerre.

   Après ce coup d'éclat le Komet s'enfonçait dans le sud à la recherche des baleiniers qui opéraient le long des côtes antarctiques mais sans succès. Remontant vers les Kerguelen, il mettait alors le cap sur le Pacifique où il ne trouvait que solitude et ennui. Toutefois entre le 14 et le 19 Août 1941, soit 8 mois après l'affaire de Nauru,  il coulait successivement 3 navires marchands dont 2 anglais. Poursuivant sa route sur le chemin du retour, il passait le Cap Horn et le 26 Novembre, Eyssen entrait à Cherbourg. d'où il repartait peu après, subissant de multiples attaques par les torpilleurs Britanniques mais il parvenait à leur échapper et entrait à Cuxhaven le 30 Novembre 1941 après 516 jours de mer. Le bilan de cette croisière s'établissait à 7 navires coulés représentant 43160 tonnes, résultat somme toute assez modeste eu égard à la durée.

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 LE DERNIER VOYAGE

  Il fallut attendre près d'un an pour revoir le Komet prendre la mer lorsque dans la nuit du 7 au 8 Octobre 1942, sous le commandement du Kpt.z.S. Ullrich Brocksien, il appareillait de Flushing sous la désignation de Sperrbrecher 45 pour tenter de tromper les Anglais mais la supercherie était éventée rapidement car le Schiff 45 avait été coulé plusieurs mois auparavant. Passant le Pas de Calais avec une escorte de dragueurs il rencontrait un premier champ de mines dans une zone qui avait été draguée 4 heures plus tôt.  A l'évidence, le raider était attendu et l'étau se resserait. Finalement, il atteignait Le Havre sans autre alerte.

   Le 13 Octobre en fin d'après-midi, le Komet/ Schiff 45,  prend la mer en direction de l'Atlantique. Malgré une importante force de protection composée de dragueurs ainsi que des torpilleurs T-4, T-10, T-14 et T-19 de la 3-TBF, KKpt Wilcke, un groupe de 8 MTB soutenu par les destroyers Cottesmore, Quorn, Glaisdale, Eskdale et Albrighton, parvient à intercepter le convoi allemand au large du Cap de la Hague. A 0205 au matin du 14, la MTB-236, Sub.Lt. Drayson, place deux torpilles dans le Komet qui disparait dans une énorme explosion avec tout son équipage de 274 hommes. Selon la Kriegsmarine, la perte du navire serait due à une explosion interne.

  Dans The World Merchant Fleets de R.Jordan, l'auteur donne une position 49.44N 01.32W pour la disparition du Komet. Au vu des recherches effectuées notamment au PRO par Bruce Dennis, cette position serait assez peu vraisemblable en considérant les informations actuellement en notre possession, à savoir :

A 2115 le 13, le Komet se trouvait par 4932N 0045W en route moyenne au 270 (point 1).

- A 0045 le 14, il était à 5 milles par le travers du feu de la Hague et fut l'objet d'une attaque à 0205 (point 2). La distance entre les points 1 et 2 est de 48 nm couverts en 3h30, ce qui donne une vitesse moyenne de 13.7 kts. En supposant toutes choses égales ensuite, ce qui est moins évident, l'attaque aurait pu avoir lieu à 27-28 milles dans l'ouest du feu de La Hague et là rien ne vient le corroborer. La question est de savoir si le cap a été constant après la position de 0045 et si sous la menace alliée, le Komet n'a pas changé de route ou de vitesse, ce qui aujourd'hui parait tout à fait probable et accréditerait la position donnée par Jordan. Autre point, la  MTB236 a signalé avoir attaqué depuis une position entre la côte française et le navire ennemi. Dans les archives du PRO, Bruce a retrouvé ce croquis établi de façon sommaire qui indique la position approximative où les lueurs des explosions ont été vues ainsi que celui de la route suivie côté Anglais. (Nous en étions là en 2004).

 

NB. Il existe une différence d'une heure entre les heures anglaises et allemandes

  4 Juillet 2006

   Innes Mc Cartney, plongeur anglais bien connu annonce avoir retrouvé l'épave et l'avoir formellement identifiée mais sans en révéler la position. Cependant, même en l'absence de position pour le moment, cette plongée de par le secteur où se trouve l'épave, la profondeur de l'ordre de 70 mètres et les courants puissants dans cette zone, ne sera pas à la portée de tous.

     

A gauche, douille de 150mm  à droite, partie d'un mât et ci-dessus un canon de 150mm

Voir aussi ce lien Divernet où Innes nous en dit plus (en anglais)